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En attendant Citizen Kane…

L’une des tâches les plus ardues pour un jeune homme nord-américain de 18 ans est de justifier son intérêt pour les jeux vidéo à sa concubine. Surtout lorsque celle-ci s’obstine à affirmer qu’il ne s’agit que de jeux stupides et abrutissants. Le plus triste, c’est qu’une certaine part de ce qu’elle dit n’est pas loin de la vérité.
Les jeux vidéo possèdent une mauvaise réputation, surtout au sein de la communauté intellectuelle. Cette réputation déjà entachée a subi récemment de nombreuses critiques lorsque le fameux musée Museum of Modern Arts, ou Moma, annonça une exhibition portant sur ces jeux de péché que sont les jeux vidéo. Les amateurs auront été ravis de cette reconnaissance, mais le Moma aura tout de même présenté les œuvres comme des œuvres de design, et non comme des œuvres d’art. Eux-mêmes ne sont pas d’avis que les jeux vidéo ne sont pas des œuvres d’art. Le Musée de la Civilisation tient également une exposition sur les jeux vidéo, suivant l’exemple de son cousin new-yorkais. Je me suis fait un plaisir, en amateur d’art, d’aller y jeter un œil. J’ai été accueilli par une armée de consoles datant de toutes les époques, habitées par des jeux de tous genres! L’excitation enfantine n’a pas duré. Je me suis attardé sur les panneaux explicatifs pour constater avec regret qu’ils ne donnaient qu’une description métallique de l’évolution des jeux vidéo au fil des ans. La réception de ces jouets révolutionnaires au sein de la société? L’importance grandissante qu’ils ont pris dans la culture et la pop culture? Que dalle. Juste une leçon d’histoire, et des consoles.

Mais pourquoi les jeux vidéo n’obtiennent-ils pas la reconnaissance qu’ils méritent? Car, oui, les jeux vidéo sont bel et bien un art. Vous l’aurez deviné, le jeune homme de 18 ans s’acharnant pour montrer à sa copine que les jeux vidéo possèdent une valeur, c’est bien moi. Or, je possède une petite comparaison pouvant fort bien montrer à mademoiselle mon point de vue. L’un de ses films favoris est Django, dernier bébé de Quentin Tarantino. Django est un western traitant de la vengeance d’un ex-esclave noir envers ses propriétaires et d’une quête symbolique afin qu’il récupère sa bien-aimée, qui partageait sa situation. Quelques années avant Django, un autre western était sorti. Comme Django, il fut acclamé par la critique. Comme Django, le protagoniste a, comme but, de retrouver sa dulcinée, enlevée par des policiers qui réclament en échange que notre héros capture son ancien acolyte, un hors-la-loi notoire. Seulement, cette histoire ne termine pas aussi bien et la bouleversante conclusion fit pleurer bon nombre d’hommes matures. Comme Django, ce western prend place dans le sud des États-Unis et offre une critique de société très approfondie et qui fait réfléchir sur bien des niveaux. Ce western s’appelle Red Dead Redemption et ce western est un jeu vidéo.  

Je ne suis pas le seul à soutenir cette comparaison entre les jeux vidéo et le cinéma. Lorsqu’on lui demanda, lors d’une conférence sur le sujet, pourquoi les jeux vidéo tardent à être reconnus comme le 10e art, Yannick Piché, employé chez le géant de l’industrie Ubisoft, fit la même comparaison. Comme il explique, à ses débuts, le cinéma était considéré comme une mode, un art mineur et passager qui ne persistera pas. Selon Yannick, tout a changé lorsque le film Citizen Kane apparut. À ce moment, le film fut considéré comme un art à part entière, le septième art. Il dit que le jeu vidéo, comme le cinéma avant lui, a besoin de son Citizen Kane et selon lui, nous n’avons jamais été aussi proches d’y parvenir.

Toutefois, les jeux vidéo reçoivent beaucoup plus de critiques quant à la dépendance qu’ils peuvent créer (10% de dépendance pathologique selon l’académie américaine de pédiatrie[1]) ou encore à la violence qui y règne, Grand Theft Auto étant le meilleur exemple et des jeux simplistes comme Angry Bird et la célèbre franchise Call of Duty se font blâmer pour l’abrutissement cité plus haut. Ces petits divertissements, dont certain font preuve de violence (Call of Duty sont des jeux de guerres) figurent parmi les jeux vidéo qui ne sont, eux, pas des œuvres d’art. Ils ne servent qu’à divertir et la réflexion ou la critique sociale n’a pas sa place. Serait-ce la preuve que les jeux vidéo ne sont pas à la hauteur de l’art? Pas du tout! Cela prouve même l’opposé! Au cinéma, est-ce que tous les films sont des œuvres d’art? À l’égard de Call of Duty, qui offre de la violence et de l’action sans profondeur, les films comme Transformers, Armageddon et autres grosses superproductions de Michael Bay se font les poches et ont du succès à tout coup! Nonobstant, jamais un film de Michael Bay n’aura été bien reçu par la critique, sa meilleure note sur la référence en critique Rotten Tomato étant un faiblard 67%.

En conclusion, le jeu vidéo, à l’instar du cinéma, possède tout pour être considéré comme de l’art. Nous n’avons plus qu’à attendre.  



[1] DUMAIS, Nelson. ”Wii, Kinect et autres jeux vidéo: 10% de dépendance pathologique”, Nelson Dumains, http://www.nelsondumais.com/2011/01/20/wii-kinect-et-autres-jeux-video-10-de-dependance-pathologique/, 21 janvier 2011

Ceux d’entre vous qui me connaissent savent que les Arctic Monkeys sont parmi mes groupes préférés, tout là-haut avec Muse et, mes héros, les Flaming Lips. Et ceux d’entre vous qui me connaissent savent sans doute aussi qu’Alex Turner est de loin mon ”écriveux de tounes” préféré. C’est ses paroles, le truc. C’est de la pure poésie. C’est du génie. 

Donc, un peu normal que j’étais très très curieux d’entendre leur dernier album, surtout après ”Suck It And See” qui, avouons-le, était quand même très pouiche. Et aussi, le ”nouveau style” que se sont donné les membres à Glastonbury en août m’a VRAIMENT intrigué, parce que ça faisait pas très ”Arctic Monkeys” (même si Alex est devenu ”douche” depuis un an ou deux). Finalement, les singles ”R U Mine?”, ”Do I Wanna Know?” et ”Why D’you Only Call Me When You’re High?” qui sont sortis cet été montraient un son, encore une fois, vraiment différent. 

On commence à être habitué à que les Monkeys se réinventent à chaque album. Le premier, où c’était des kids de 18 ans enragés, était juste du gros rock de garage sale, on les entends même peser sur les pédales dans l’album! Le deuxième, ”Favourite Worst Nightmare”, suivait le même idée, mais avec BEAUCOUP plus de maturité (c’est d’ailleurs un de mes albums préférés de toute la vie!) Rendu au troisième, pouf! Ils changent de son, virant très ”psychédélique”, et finalement, des ‘tites chansons un brin cucu sur celui d’après. Et je savais que pour celui-là, ils avaient quitté leur Angleterre pour la Californie, ce qui est très radical comme changement.

J’savais donc pas spécifiquement à quoi m’attendre sur celui-là. 
Et puis je suis allé me le chercher. 
Et puis, je l’ai écouté. 

Ça m’a complètement botté le cul. 
Premièrement, c’est totalement, TOTALEMENT différent de tout ce qu’ils avaient fait auparavant. Ça sonne pas comme une gang d’ados de Sheffield ni comme une gang de jeunes adultes qui se cherchent, ou quoi que ce soit. En fait, ma première réaction (après ”C’est donc bein bon!”), ça a été d’être complètement choqué par le fait que c’est tout, mais TOUT TOUT TOUT le contraire du premier album. C’est EXACTEMENT prendre le premier album, et s’arranger pour faire l’exact contraire. Et c’est apparemment ce qu’ils avaient en tête en faisant l’album, comme Alex Turner a dis dans une entrevue que c’était ”dans le même univers, dans la même situation que le premier album, mais dans une autre pièce”. Et, je ne pense pas qu’il y a meilleure description pour l’album. 

Après les deux-trois premières chansons, je commençais à avoir peur que l’album soit redondant et toujours pareil. Heureusement, ça n’a pris qu’une autre chanson pour me prouver le contraire! Oui, l’album sonne similaire tout du long, et SURTOUT la première moitié, mais la deuxième moitié de l’album est tellement remplis de chansons différentes, toutes aussi bonnes les unes que les autres, et tellement merveilleusement bien composées, que je ne peux dire qu’Alex Turner, surtout en tant que parolier, est au sommet de son art. 

Parlons-en, des paroles! Le sujet principal est pas nouveau chez Turner, c’est les femmes. Par contre, cette fois-ci, il semble remplis de doute, de questions, alors qu’avant, ça traitait surtout du regret, ou encore d’amour perdus et de nostalgie. Cette fois-ci, il parle d’amour(s) qu’il aimerait bien avoir, mais qu’il semble remettre en question, ou encore d’amour pas tout à fait réciproque. Des textes audacieux, intelligents, parfois arrogants, mais toujours géniaux. 

Côté son, l’album s’éloigne complètement du son ”garage” influencé par les Strokes qu’ils avaient au début, et prends une influence complètement différente: Le hip-hop. Les Monkeys sont devenus californiens, et ça paraît en siouplaît. Et c’est tout sauf une mauvaise chose, parce que c’est bon. Maladement bon, si j’ose dire. Ça dégage la maturité qu’ils sont en train d’acquérir progressivement, à chaque album. Et, surtout, c’est un son et une ”vibe” que j’avais jamais, jamais entendu avant, et ça me renverse d’aplomb. Ça m’inspire beaucoup, pour être honnête! Ça a été la plus belle surprise de l’album! 

Bref, j’pense que j’ai assez écris, et je doute que quelqu’un se rende jusque là. Tout ce que j’avais à dire, c’est que le dernier album des Arctic Monkeys, ”AM”, est maladement bon en plus d’être quelque chose de totalement différent, et que c’est une magnifique surprise. Ce n’est pas ”Favourite Worst Nightmare”, mais c’est de loin le meilleur album qu’ils ont sorti depuis ”Humbug”, qu’il surpasse peut-être! 

Good job, les gars!

Il de Matthieu Chedid

Mon tout premier contact avec Matthieu Chedid fut son passage ce printemps à l’émission Bel et Bum, que j’ai l’habitude de regarder chaque fois que je retourne au foyer familial. J’ai vu ce curieux bonhomme, avec ses cheveux en batailles, ses vêtements loufoques, ses lunettes miroirs, sa guitare rose et ses camarades tout aussi ridicules que lui, je savais que c’était le coup de foudre. Ensuite, il a interprété Mojo, que j’ai adoré, puis Baïa, que j’ai encore plus qu’adoré.
Il va donc sans dire que Îl était comment j’ai découvert monsieur Chedid. Suite à ces performances, une petite recherche sur Internet me permit de comprendre quel genre d’artiste était -M-. J’ai pu entendre ses morceaux les plus populaires, et je dirai qu’au total, sans avoir écouté d’album complets, j’ai écouté un peu moins de 100 chansons de Matthieu Chedid, adorant son humour subtile et ses mélodies très accrocheuses. Un jour, alors que je fouinais dans un disquaire, j’ai vu son dernier album, Îl, duquel je connaissais mes deux premiers amours, Mojo et Baïa. Je me suis donc risqué à l’acheter.
Suite à ma première écoute, je suis resté surpris. Notez: Je n’ai pas dis « déçu », mais surpris.
M’étant habitué à sa rock-pop sympathique et humoristique et à ses morceaux comme Machistador et Qui de nous deux?, le titre Elle qui, rappelons-le, débute l’album, m’avait déjà dérouté. Je suis retourné dans ma zone de confort avec ses morceaux plus rock, mais sinon, j’étais réellement estomaqué par cette découverte. Estomaqué de découvrir un artiste que j’aimais déjà beaucoup sous un nouvel angle, de voir qu’il pouvait être sérieux et austère par moment.
Peut-être que c’est que je ne connaissais pas Matthieu Chedid avant cet album, et que je n’ai donc pas pu être témoin de son évolution, mais pour moi, Îl  est un excellent album qui m’a agréablement surpris.

Petite biographie culturelle…

J’ai toujours perçu le monde culturel d’un œil unique (jeu de mots). Je viens d’un tout petit village dans le fin fond du Témiscouata, Pohénégamook! Les plus vieux souvenirs que je semble avoir de la culture sont le blues, comme mon père gagne sa vie en jouant du blues, et la panoplie de films qu’il y avait chez moi! Je me souviens que mes préférés étaient  Mars Attack et Basket Spatial, car j’ai toujours adoré voir notre petit univers chamboulé par des évènements pour le moins improbables, bien que l’on ne sache jamais quand est-ce que des extraterrestres pourraient surgir… Aussi, comme je ne pouvais écouter des films vingt-quatre heures sur vingt-quatre, j’ai commencé à lire très tôt! Mes choix furent immédiats : science-fiction, fantaisie, horreur et compagnie, encore tout pour mettre de l’action!
Toutefois, comme je m’ennuyais beaucoup dans mon petit village, je n’ai pas exploré beaucoup, et musicalement parlant, je ne me contentais que de ce qui passait à la radio, ou de ce que ceux autour de moi écoutaient.
Et puis, en 2ème secondaire, j’ai décidé de changer d’école.
Ce fut décidément le tournant de ma vie culturelle, comme je passais de petite polyvalente de campagne à pensionnaire dans un collège privé! À force de m’impliquer dans les activités, de rencontrer des gens avec qui je pouvais m’impliquer, ma soif de culture a littéralement explosé! Recueil de poésie, romans, essais, philosophie, théâtre, je consommais de tout, d’absolument tout, et j’adorais tout!
Côté film, également, je me  peaufinais! J’ai commencé à écouter des films de plus en plus vieux, écoutant des classiques, et puis j’ai découvert Quentin Tarantino, qui est un de mes réalisateurs favoris!
Mais, surtout, SURTOUT, en 3ième secondaire, j’ai découvert Nirvana, qui fut mon premier coup de cœur musical.
Soudainement, dans le temps de le dire, je me suis mis à consommer une quantité colossale de musique, je devins musicien moi-même, et aujourd’hui, je crois que la musique est FACILEMENT l’une de mes plus grosses passions, explorant sans cesse de nouveaux genres et de nouveaux artistes.
Au travers de mes découvertes culturelles, toutefois, j’ai toujours conservé une seule et même passion, ma foi brûlante, et plus vivante que jamais : l’humour absurde. Je n’oublierais jamais ma découverte de mes héros, les Monty Pythons, ou encore la première fois que j’ai lu mon roman favori: « Le Guide Galactique » de Douglas Adams…

Actuellement, ma vie culturelle semble être on ne peut plus active, et je compte dédier ma vie à la remplir de choses toujours plus étranges et troublantes, dans le but de pondre éventuellement ma propre culture…